samedi 23 février 2008 - Carnet de bord
Publié par kristananda
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J-10
16 novembre 2007
Ça y est !
Nous venons de créer un blog. Notre premier blog !
L'occasion pour nous de vous donner de nos nouvelles lorsque nous serons en Inde.
Bon, après plus d'un mois d'attente, nos passeports sont enfin revenus de l'ambassade de l'Inde à Paris avec de beaux visas valables 6 mois. Ouf !
Il ne reste plus qu'à se concentrer sur les bagages ou plutôt à les concentrer, car nous avons décidé de voyager légers, très légers : pas de bagages en soute et chacun un sac à dos de 20 litres. Un bon travail préliminaire sur le détachement...
Allez un petit essai d'insertion d'une photo, pour voir si c'est facile :
Génial, ça marche !
À bientôt pour de nouvelles aventures palpitantes...
Vannakam
17 novembre 2007
Vannakam (வணக்கம்) c'est tout simplement « bonjour » en tamoul.
Le tamoul , est une des 25 langues officielles de l'Inde sur les quelques 3000 dialectes parlés là-bas, et la langue officielle régionale du Tamil Nadu, état du sud-est qui longe le Golfe du Bengale. Tiens, il n'y a qu'en français que l'on dit tamoul à la place de tamil ( தமிழ் ).Bizarre...
Comme notre porte d'entrée du sous-continent indien sera Chennai (autrefois appelée Madras), et que ce sera certainement le premier mot que nous entendrons prononcer en descendant de l'avion, nous avons tout naturellement pensé à Vannakam comme titre de notre carnet de voyage.
Bon, ce voyage alors...
Eh bien, nous n'avons pas programmé grand chose pour prendre le temps de vivre à l'heure indienne.
Nous commençons par deux semaines dans l'ashram de Sri Aurobindo à Pondichéry (160 km au sud de Chennai, ancien comptoir français) avec sans doute une visite à Auroville (à 12 km de là). Un chauffeur viendra nous chercher à l'aéroport (où nous arrivons vers 2h du mat.) pour nous emmener à l'ashram à environ 5h de voiture (une Ambassador !).
Et nous terminerons par le 5e congrès asiatique d'Esperanto , qui se déroulera à Bangalore (au centre, dans le Karnataka) du 11 au 15 février 2008.
Entre les deux, c'est complètement ouvert, et notre itinéraire se construira au gré des rencontres et des inspirations...
Une petite carte pour se repérer (merci le Guide du Routard )
Lecture
21 novembre 2007
Bon, comme vous l'avez compris, nous ne partons pas en Inde pour faire du tourisme.
Si vous désirez en savoir plus sur l'esprit qui animera notre voyage, voici un petit bijou plein de vie et de fraîcheur.
Bonne lecture !
Arrivée
28 novembre 2007
Premier exercice zen...
Arrivés à l'aéroport à 4h30 le mardi matin, comme prévu, nous découvrons que notre avion est supprimé. Mais finalement tout s'est si bien passé que nous sommes arrivés plus tôt que prévu à Chennai.
La Guest House dans laquelle nous logeons est calme, en bord de mer, et plus confortable que prévu, puisqu'il y a même des ventilos. Nous avons déjà fait une connaissance sympathique, Mireille, qui va nous faire connaître les associations du coins.
Comme nous devons faire très attention à l'hygiène, nous mettons toute notre attention dans les gestes habituels de la vie quotidienne. Faire tous ces gestes en pleine conscience est aussi un très bon exercice...
Au village dalit
1er décembre 2007
Mireille nous a fait rencontrer 3 associations qui s’occupent d’un village d’ ”intouchables” (dalit) au Sud de Pondichery.
L’une d’elle s’occupe de restaurer leurs huttes de palmes, une autre de trouver des parrainages pour les enfants qui n’ont plus de père (il y a beaucoup de suicides, la vie etant très dure pour eux).
La troisième encadre des ateliers créatifs pour les lépreux, les aveugles et autres handicapés. Ils fabriquent de jolies crèches indiennes (avec Marie en sari, des éléphants et de splendides Rois Mages…) ainsi que d’autres objets et tissages.
Nous avons aussi appris que là-bas ils fabriquent leurs propres fauteuils roulants pour environ 60 euros.
Pour soutenir leur action, il y a le blog de Mireille et Jean-Pierre :
http://puducherry.canalblog.com
Ce qui nous a émerveillés, c’est de voir que malgré une vie vraiment difficile, les enfants sont vivants et joyeux.
Alimentation vivante
1er décembre 2007
Pour être en contact avec la population locale, nous allons à la cantine indienne.
Leur cuisine est bonne, végétarienne, mais… très cuite !
Comme nous mangeons cru, nous emmenons discrètement nos portions et elles font plaisir aux quelques saddhus que nous rencontrons.
Cependant, ce matin, nous avons eu une bonne surprise, quand ils nous ont servi une platée de haricots mungos germés au petit-dejeuner, en plus des habituels, pain, bananes, yaourt…
Sinon, nous achetons au marche toutes sortes de légumes qui se pèlent (carottes, radis, concombres, jeunes pousses de maïs, choux de bruxelles…) et des fruits (bananes, ananas, papayes, avocats…).
Ce n’est malheureusement plus la saison des mangues.
Nous avions aussi emmené de la spiruline comme complément, mais on en trouve ici fabriquée a Auroville et bio !
Nous avons aussi trouve un petit marché bio où l’on peut commander des légumes…
Le plaisir de la cantine c’est la file d’attente où on apprend à parler francais aux enfants et cela nous fait tous bien rire !

Nos "élèves" devant la cantine de l'ashram
Ahimsa
5 décembre 2007
Le français ne possède pas de mot pour "ahimsa" qui est souvent traduit par "non violence". Dans le concept d'ahimsa, il y a aussi une certaine notion de souplesse, de fluidité.
Cela fait une semaine maintenant que nous sommes à Pondy, et nous avons l'impression de vivre l'ahimsa au quotidien. Pas une altercation, les gens sont tranquilles, les chiens paisibles, nous ne ressentons aucune agressivité, ni exprimée, ni refoulée.
La circulation a Pondy illustre bien cela : pour une ville d'environ un million d'habitants, il n'y a pratiquement aucun feu tricolore. Incroyable !
Les indiens conduisent "au klaxon". Pas un klaxon agressif, comme chez nous, mais un klaxon qui signifie "attention, j'arrive".
Le franchissement d'un carrefour devient alors une danse, ou chacun se faufile joyeusement là ou il y a de la place, dans un concert sonore et vivant...
Nous marchons en moyenne une quinzaine de kilomètres par jour et apprécions de plus en plus cette danse avec les Tamouls.

Dans les rues de Pondichéry
Soeur Clara
5 décembre 2007
Catherine, une française de l'ashram, nous a fait rencontrer une religieuse indienne pleine de douceur, de bonté et d'humilité.
Elle recueille 24 enfants des rues depuis trois ans. Ces enfants ont ri et chanté avec nous. Ils sont en bonne santé et épanouis. Ils trouvent auprès d'elle sécurité, chaleur et équilibre.

Sister Clara
Ce qui nous a impressionné aussi, c'est son ouverture et la liberté qu'elle laisse aux enfants. Ils ont entre 5 et 13 ans. Certains sont partis et sont revenus de leur plein gré. Ils ont conscience qu'ils ne sont pas en prison et sont les bienvenus. Un psychologue rencontre leurs professeurs pour qu'ils puissent accepter les enfants comme ils sont.
Elle ne recoit aucune aide financière de l'État ni de l'Église Catholique. L'État l'aidera quand elle sera installée et les catholiques indiens ne l'aideront pas parce que les enfants sont des intouchables. Les musulmans lui offrent la possibilité d'un logement à un prix raisonnable, et sont les seuls à apprécier son action.

Les enfants de Sister Clara
Son aventure est une totale confiance dans la Providence. Peut-être que la Providence souhaite l'aider à travers quelques-uns d'entre nous ?
Pour vous, Christine et Yves, qui venez en janvier a Pondy, voici son tél. : 94434-25884. Elle peut vous envoyer un rickshaw qui vous conduira chez elle. Les visites se font le dimanche et en semaine aprés 17h. Ça vaut la peine que vous alliez la rencontrer, c'est vraiment une personne merveilleuse.
Nous comptons encore lui rendre visite d'ici notre départ le 18 decembre, pour la montagne sacrée - Aruchana Hill - et l'ashram de Sri Ramana Maharshi à Tiruvannamalai.
Éléonore
10 décembre 2007
Éléonore était là à la date prevue, le 10 décembre et nous passons nos soirées avec elle au bord de la mer.
Elle s’est mise au travail dès son arrivée après 20h de voyage sans dormir. Elle n’a pas pu résister à la fatigue et à la pluie. Elle est tombée malade mais elle travaille quand même, courageuse et perséverante comme toujours.
Elle est souriante et s’adapte vraiment bien à la vie indienne.
Nous partons avant elle à Tiruvannamalai et la montagne sacrée d'Aruchana Hill (le 18). Elle nous y rejoindra le 23. De là nous partons ensemble à Trivandrum (Kerala) pour la messe de minuit et nous passerons le 25 à la plage de Varkala.
Ensuite nous allons séjourner à l’ashram d’Amma, le temps de son reportage puis elle nous emmenera à la rencontre d’une autre association.
C’est une merveille d’avoir ces petits moments avec elle jusque début janvier, ensuite nos routes se séparent.

Au restaurant végétarien
Élégance
11décembre 2007
La démarche indienne est élégante souple et fluide.
Nous apprécions leur facon de s’habiller. Les saris de toutes les couleurs mettent en valeur leurs jolies peaux mates. Et nous avons été surprise qu’à 18h, ils sont toujours très soignés chemises repassées sans un pli. Ils ont toujours un air frais comme s’ils ne transpiraient jamais. En fait, ils se changent deux fois par jour. Nous comprenons mieux pourquoi il y a des “repasseurs” à tous les coins de rues.

Repasseurs et tailleurs à chaque coins de rues
Les saris et les penjabis ont pour mission de cacher les formes féminines par pudeur, mais par contre les femmes peuvent montrer leur ventre !
Rencontres
13 décembre 2007
L’Inde est un pays très particulier, il met en lumière ce que nous avons de caché au fond de nous. Le contraste avec l’Europe est frappant, même dans la relation à l’autre.
Nous participons à la vie indienne et faisons diverses rencontres étonnantes. Nous vous avions déjà parlé du chaleureux accueil de Mireille et Jean-Pierre. Nous avons aussi rencontre Gérard et Régine qui dégagent une profonde douceur paisible. Et Nicolas, l’espace d’un moment, le temps de le sentir présent, ouvert et souriant.
Il y a aussi la joyeuse et tendre Nicole, australienne, qui a tout lâché pour aller à la rencontre d’elle-même et qui récite “Om mani padme hum” pour les poissons morts quand on traverse le marché. À partir de mars elle sera en Europe, elle espère apprendre le francais et l’espagnol et offrir ses services comme fille au pair (avis aux amateurs). En attendant, elle vient de se mettre à... l’Esperanto !

Nicole...
Et hier, nous avons fait la connaissance d’Anne, la magistrate, bénévole ici, rencontre simple directe et évident

... et Anne
Les fleurs et les arbres
14 décembre 2007
Cette végétation luxuriante est un réel plaisir pour les narines et les yeux.
Deux fois par jour, un magnifique mandala de fleurs fraiches orne le samadhi (tombeau) de Sri Aurobindo. C’est un régal !Un “Rain tree” s’étale de toute sa splendeur pour offrir de l’ombre aux fleurs et aux pélerins.
Aux détours des rues, nous avons non seulement la joie de voir l’océan, mais aussi des arbres prenant des postures originales.
Nous nous sommes aussi promenés dans le Jardin Botanique, pour admirer les diverses essences de la région. La plus grande joie fut de se reposer à l’abris du somptueux banian plusieurs fois centenaire d’Auroville (à côté du Matrimandir) qui est très impressionant avec ses immenses racines adventives.

Le somptueux banian d'Auroville. Il n'y a qu'un seul arbre sur la photo !

Un beau caoutchouc à Gingee
Shanti
15 décembre 2007
Notre séjour a Pondichery se termine et notre acclimatation est plutot réussie.
Nous arrivons à manger 100% cru ; nous avons trouvé des légumes et des graines bio, graines que nous faisons germer très facilement dans de petits sacs en coton que nous avons fait confectioner chez un tailleur. Les graines poussent très rapidement (elles sont prêtes à consommer dès le 2e jour) sans aucun problème de moisissure ou de pourrissement comme on aurait pu le craindre sous ces latitudes.
Nous faisons un repas par jour vers midi et nous mangeons quelques fruits – papayes, ananas, pommes cannelles, musambis (sortes d’oranges vertes), bananes… - vers 17h.
Nos horaires sont relativement souples. Le muezzin de la mosquée d’à côté nous réveille ponctuellement à 4h45 tous les matins. Après la promenade d’un kilomètre et demi en bord de mer pour rejoinder l’ashram, notre matinée se poursuit par 3 à 4h de méditation. Retour par le bord de mer pour une séance de “méditation en action” : nous passons une petite heure en tête à tête avec chacune des graines germées qui constituent notre repas, pour leur enlever leur petite pellicule. C’est notre manière de les remercier de nous donner toute cette bonne énergie.
L’aprés-midi se déroule tout aussi tranquillement. La nuit tombant vers 18h, nous sommes généralement couchés a 21h.
Nous commencons à sentir une paix profonde s’installer. Même notre relation avec les mendiants devient paisible. Nous arrivons à discuter avec ceux qui parlent un peu anglais, regarder dans les yeux et sourire a ceux qui restent silencieux ou qui ne parlent que tamoul et a dire simplement et tranquillement non quand nous n’avons plus rien a donner.
Om shanti shanti shanti
Vibrations
17 décembre 2007
Nous vous avons déjà parlé des vocalises du muezzin qui nous éveillent chaque matin.
Mais nous ne vous avons pas encore dit que nous pratiquons le “Chant des voyelles” tous les jours. C’est un magnifique cadeau que nous a fait notre ami Eric d'Eco-bio avant notre départ.
C’est un chant très simple de 9 voyelles qui nous fait vibrer de la tête aux pieds. C’est comme une grande vague qui parcours tout le corps, qui flue et reflue et vibre en nous encore longtemps après la fin du chant.
Si cela vous tente d’essayer, envoyez-nous un petit mail et nous vous donnerons quelques explications. En attendant vous pouvez toujours consulter le site de Reine-Claire et Gaal, qui sont canadiens et qui le diffusent.
Coincidences ?
En tout cas, nous venons de recevoir aussi un beau cadeau de notre amie Anne (la magistrate) qui vient de nous faire découvrir le livre de Pierre Lessard (tiens, un autre canadien…) : “Le Maître en soi”.
Vraiment sur la même “longueur d’onde”…
Tiruvannamalai
24 décembre 2007
Nous avons quitté Pondi sous une pluie battante et ininterrompue pendant trois jours (traine de mousson). Des énormes flaques dans les rues, des vêtements qui ne sèchent jamais, les indiens se promenant tranquillement avec des parapluies ou des sacs plastiques sur la tête et Christophe, torse nu. Un paradis pour les moustiques aussi...
Tiruvannamalai est vraiment un lieu étonnant. À chaque pleine lune, cette "petite" ville de 90.000 h, située au pied de la montagne sacrée Arunachala Hill, accueille des millions de pélerins pour le Girivalam. Et hier soir, c'était justement la pleine lune...

Saddhus sur le Girivalam
Un des petits temples qui jalonnent le Girivalam
Girivalam, c'est le tour, à pieds nus, de la montagne (14 km), ponctué d'arrêts à chaque petit temple qui longe le chemin, le temps d'une prière ou d'une puja (offrande). C'est très impressionnant cette foule bruyante et vivante marchant d'un bon pas, ou chacun parle avec ses voisins, chante, mange, récite des prières...

Full Moon procession
Tiruvannamalai est vraiment un lieu pas comme les autres. C'est aussi là que Sri Ramana Maharshi a passe 20 années de sa vie à méditer dans une grotte au flanc de la montagne sacrée. Grâce à Gérard et Régine, nous avons eu la chance d'être invités dans son ashram, normalement réservé aux seuls dévots, qui y sont logés et nourris, de manière spartiate certes mais gracieusement.

Le superbe manguier à l'entrée du Ramanashram

Ramanashram avec le samadhi en arrière-plan
Les repas sont d'abord servis aux pauvres, puis aux résidents. On mange par terre, avec pour assiette une feuille de bananier sur laquelle est servie du riz et du dhal. À la fin du repas on replie la feuille en deux, la feuille et les restes partent au recyclage (les vaches de l'ashram !).
Avant et après chaque repas nous avons médité au samadhi (temple construit autour du tombeau de Ramana Maharshi). Les rituels sont différents de ceux de l'ashram de Sri Aurobindo à Pondichery, notamment avec le chant des Vedas, entonné par les brahmacharias (novices) deux fois par jour et les pujas.
Dans ce lieu magique, ou Éléonore, Nicole et Anne sont venues nous rejoindre, nous avons totalement perdu la notion du temps. C'était très étrange, mais notre séjour d'une semaine nous a paru durer presque un mois.
Très intense aussi la présence de Sivasakthi ...Deux fois par jour, nous avons assisté au darshan silencieux de cette grande âme rayonnante. Nous nous asseyons pendant une heure dans une grande pièce au rez-de-chaussee de sa maison pour méditer. Malgré les allées et venues de tous ceux qui venaient y assister, les yeux fermés, nous sentions quand elle entrait dans la piece, sans bruit, légèrement et avec grâce. Pendant un quart d'heure, elle contemple avec bonté, silencieusement les personnes présentes, se promène doucement parmi nous avec un regard pour chacun et sort aussi délicatement qu'elle est entrée.
Sivasakthi (Énergie Divine) parle à notre âme et c'est délicieux et puissant...

Śivaśakti
Dans les bras d'Amma
2 janvier 2008
Après le magnifique séjour à Tiruvannamalai, un saut de puce en avion et nous voilà au milieu des cocoteraies du Kerala dans l'ashram d'Amma à Amritapuri .
Éléonore ayant recu l'autorisation de faire des photos pour Ulysse Magazine, nous avons eu envie de l'accompagner. Par la suite, nous avons appris que c'était un rare privilège de photographier Amma, et que très peu de photographes recevaient cette faveur, faveur bien méritée !
Lors d'un darshan, nous avons pu ressentir l'intensité du courant qui circulaient entre elles. Éléonore est vraiment centrée et ouverte quand elle prend des photos et nous pouvions constater qu'Amma le percevait aussi.

Amma
Amma...
Amma est vraiment étonnante pour nous autres humains "ordinaires". Elle offre son darshan en prenant chacun dans ses bras avec tendresse, pendant 14 a 15h d'affilée sans interruption !
Elle ne se lève ni pour boire, ni pour manger... ni même pour se reposer un peu, tant qu'il y a des personnes dans la file : en moyenne 10.000 personnes par jour, quand elle est chez Elle à Amritapuri. À l'étranger, c'est régulièrement 22h par jour, sur plusieurs jours.
Nous avons eu la chance de recevoir trois darshans chacun qui nous ont beaucoup touchés. Son regard pénétrant a balayé tous nos doutes et nous avons constaté qu'Elle est vraiment un Être Réalisé. Elle est percue par les Siens comme un avatar de la Mère Divine.
Tout au long de la journée résonnent les bhajans, chants dévotionnels qui accompagnent les darshans, musique très agréable à la fois vivante et apaisante. Le matin, dès 4h30, la journée commence par la prière au feu, puis le Lalita Sahasranama, chant des Milles Noms de la Mère Divine.
Nous avions prevu de rester trois jours et finalement nous avons été "scotchés" une semaine qui nous a semblé trop courte.
Amritapuri est une fourmilière d'environ 4.000 personnes en residence, plus un millier de visiteurs qui logent sur place, plus des autocars bondés qui viennent de tout le Kerala pour la journée. Chaque résident et visiteur donnent entre 2 a 6 heures de leur temps pour accomplir les sevas, travail collectif offert avec plaisir. Les sevas nous permettent de faire des connaissances et de nous intégrer dans la bonne humeur.
L'ambiance est très sereine, sans doute grâce à la présence d'Amma.

Les immeubles de l'ashram d'Amma à Amritapuri

Le pont construit sur les backwaters par Amma après le tsunami

Éléonore préfère traverser en bateau

Les backwaters
Kovalam
3 janvier 2008
Éléonore repartant pour Pondichery, nous l'avons accompagnée jusqu'à Trivandrum, capitale du Kerala. Et nous nous sommes arrêtés une nuit à Kovalam pour passer notre dernière soirée ensemble.
Kovalam est une petite station balnéaire à une demie heure au sud de Trivandrum. Ce qui est agréable, c'est qu'il n'y a pas de voitures dans ce petit village de pêcheurs. Pour y accéder, on emprunte une digue tres étroite parmi les cocotiers et les rizières ; parfois le fauteuil passait tout juste !
Quand même quelques sueurs froides à l'idée que le fauteuil - et Christophe of course - chussent en contrebas, mais tout s'est bien passé...
La crique avec son phare blanc et rouge est charmante, mais hélas elle plait aussi à beaucoup de touristes occidentaux !
Nous avons profité d'un aprés-midi à la plage et terminé par un repas indien aux chandelles : coupures de courant fréquentes en Inde, mais ô combien romantiques..

Dîner aux chandelles
Et oui, nous faisons parfois quelques écarts pour déguster la cuisine indienne agrémentée de french fries - presqu'aussi bonnes que celles de Facqueval .
Prasanthi Nilayam
7 janvier 2008
La demeure de la Paix Suprême.
C'est le nom de l'ashram de Sai Baba à Puttaparthi dans l'Andra Pradesh qui nous accueille pour une petite semaine.
Le taxi que nous avons pris à l'aéroport de Bangalore, nous a déposé juste à temps pour assister au darshan du soir. Nous trouvions les darshans d'Amma déjà grandioses, mais ici, c'est encore une autre dimension. Plus de 20.000 personnes, venues du monde entier, rassemblées dans l'immense hall du mandir (temple) de l'ashram, pour assister à l'apparition de Sri Sai Baba.
Nous avons ressenti son immense compassion et sa tendresse. Bien qu'il ait déjà 81 ans, Il donne deux fois par jour son darshan à la foule des fidèles.
L'espace de l'ashram est très grand avec beaucoup d'arbres, de fleurs, de pelouses avec de nombreux petits immeubles de trois étages, plusieurs restaurants, des commerces, une vraie petite ville... La température y est idéale car nous sommes en altitude sur les contreforts sud du plateau du Deccan.
L'ambiance y est paisible (sans klaxon !) et nous sommes agréablement surpris par l'indispensable discipline collective.
L'Inde foisonnant de personnes exceptionnelles, nous avions besoin d'aide pour choisir. Nous avons chaque fois consulté le "Message Retrouve" de Louis Cattiaux. Voici, pour ceux que cela intéresse, les différentes réponses que nous avons recues en tirant au Hasard.
Pour Sivasakthi qui s'offre en silence :
XXIV-20 Un bon exemple de vie dans l'amour du Seigneur vaut mieux que tous les discours préparés...
XVIII-40' La prière et la louange ne sont pas des fins en elles-mêmes, mais plutôt l'apprentissage du Silence en Dieu, qui seul nous instruit pleinement.
Pour Amma, la Mère Divine :
XI-65' Tous les Maitres ont été traités d'orgueilleux par ceux qui ne pouvaient pas les suivre, mais ils sourient sans repondre car ils savent qu'ils se sont oubliés en Dieu pour toujours.
VII-25 La Mère ne se montre nue qu'aux âmes pures et simples ; ainsi celui qui s'endormira avec Dieu s'éveillera en sa presence.
Pour Sai Baba :
XVI-30' Nous ressortirons de la terre, nous marcherons sur l'eau, nous voyagerons dans l'air et nous reposerons dans le feu, à l'étonnement de tous et de nous-mêmes.
XX-30' N'importe quel Fils de Dieu, s'il en recevait l'ordre, révèlerait le secret de l'Unique et la création revivrait dans la splendeur première. (Verset tiré au hasard, qui revient chaque jour... !)
Pour Mère Meera , notre prochaine rencontre :
XV-66' Qui resistera au vertige de la Connaissance et de l'Amour unis en Un ?
Voila. Nous sommes comblés par ce voyage ou toutes nos questions s'apaisent. Nous restons ici jusqu'à jeudi, puis nous retournons à Tiruvannamalai, pour le darshan de Mère Meera qui y sera de passage. Nous retrouverons aussi Sivasakthi avec bonheur et notre joyeuse amie Nicole.
Om lokah samastah sukhino bhavantu*
Om Shanti, shanti, shanti
*Puissent tous les êtres de tous les mondes être heureux
Merci
9 janvier 2008
Merci à chacun pour tous les commentaires sur le blog et sur nos mails persos. Cela nous stimule à continuer le récit de nos aventures.
Le blog est finalement une excellente idée, d'autant plus que les séances internet sont laborieuses, entrecoupées de pannes de courant et de réseau. Les locaux, pas souvent accessibles, sont très chauds, nous y séjournons donc le moins possible, même si le coeur y est
Au téléphone on entend assez mal ; les appels sont donc réservés aux anniversaires. Mais nous pensons quand même à vous tous.
Tiru again
11 janvier 2008
Le trajet en taxi de Puttaparthi à Tiruvannamalai a duré 9h (pour 320 kms). Charmante traversée par les petites routes de campagne, ou nous avons pu admirer les nombreux villages, des rizières à perte de vue, les enfants qui courent librement à tout âge (même très jeunes), et même un âne et un chien qui s'embrassaient tendrement sur le bord de la route nullement dérangés par les klaxons !

Paddy fields

En traversant les villages
Pour évacuer sa peur et sa colère, le chauffeur a craché sur le véhicule qui l'avait obligé à s'arrêter d'urgence, puis il s'est tourné vers nous avec un grand sourire !
Ils conduisent sans aucun code si ce n'est la loi du plus gros et du plus déterminé. Mais tout cela heureusement a une allure modérée (vue l'état des routes) entre 30 et 80 km/h.

Bouchon pour cause de meeting politique à Mandanapalle
Deux nuits a Tiru, le temps de revoir Sivashakti et de recevoir le darshan de Mère Meera, d'y retrouver des amis et de faire de "nouvelles" connaissances : parmi elles, Keith, l'australien, que nous rencontrons pour la première fois dans cette vie-ci ; mais nous avons senti tous les trois en même temps que nous étions de très vieux amis. Impression étrange et puissante...
Nous avions prévu l'escalade de la montagne sacrée avec l'aide des copains, mais le "bobo" de Christophe préférait l'eau de mer.

La montagne sacrée
Mamallapuram
15 janvier 2008
En quittant Tiruvannamalai, nous avons fait une petite halte dans ce village de pêcheurs. Nous sommes arrivés au debut des festivités de Pongal , Fête de la moisson, qui correspond au Nouvel An Tamoul.
Plein de musique dans les rues et un festival de danse près des magnifiques rochers sculptés. Dans tous le village résonne le bruits des ciseaux et des marteaux des sculpteurs de pierres, véritables artistes.
En plus des oeuvres historiques sculptées dans la roche, comme l'Ascèse d'Arjuna (immense bas-relief) et des cinq Rathas (temples en forme de char), nous avons aussi admiré de très belles oeuvres originales présentées dans les nombreuses petites échoppes.

L'Ascèse d'Arjuna

Rochers dans le parc des cinq Rathas

Ganesh et Kali

Bouddha couché
Comme les indiens se déplacent en masse pour Pongal nous sommes ravis d'expérimenter un logement très rustique : une petite hutte de 5 m2 avec un toit en palmes tressées et un semblant de matelas avec une moustiquaire rose bien utile, et des sanitaires communs à l'indienne. Heureusement nous avions nos draps !
La plage de Mamallapuram est couverte de jolis bateaux de pêche et de nombreux détritus ! On ne peux pas y nager donc...

La plage de Mamallapuram
Les îles
18 janvier 2008
Coup de tête, et nous voila dans un avion pour Port Blair, capitale des Îles Andaman et Nicobar à l'est du Golfe du Bengale, où nous avons pris un bateau pour une île sauvage, en dehors des circuits touristiques, Neil Island...
Pas de telephone ni d'Internet, une île magnifique en dehors de la civilisation.
L'océan y est turquoise et presqu'aussi beau qu'au motu piscine de Raivavae, mais sans la présence chaleureuse de Jeanine, Aurore, Eric et Swan...
Le sable blanc y est tout propre et on l'atteint en traversant une forêt de fromagers, cocotiers, bananiers et diverses essences exotiques.

À travers les fromagers en allant vers la plage

La plage déserte

Sunset at Neil Island
Nous y avons passé nos premières nuits silencieuses depuis notre arrivée en Inde. Pas un seul klaxon, ni de hauts-parleurs qui hurlent à 4h du matin, ni de chien qui aboie, ni de raclements de gorge avec crachat (habitude quotidienne des indiens)... Un calme que nous avons savouré plusieurs heures. Juste le murmure des vagues et la douce cacophonie de la forêt. Un petit paradis paisible encore préservé où nous nous sommes baignés avec bonheur !

Des logements simples dans un jardin luxuriant...
Fauteuil
19 janvier 2008
Certes l'Inde n'est pas le pays idéal pour les fauteuils roulants. Les rues sont défoncées et sales, quand il y a des trottoirs ils sont très hauts et il y a des marches partout, sans doute à cause de la mousson, les portes sont la plupart du temps trop étroites pour les salles de bain. Il vaut mieux être accompagné !
Ceci dit les Indiens sont très serviables si on manifeste un besoin d'aide. Ils ne se precipitent pas sur nous, nous laissant une certaine liberté, ce qui est très agréable.
Les descente d'avion, sur les lignes intérieures, sont épiques. Le fauteuil pris à l'envers sans aucune technique, la tête vers le bas pour Christophe qui donne des crampes à l'estomac à Fabienne, mais le tout arrive quand même en bas, tant bien que mal. Tant et si bien que maintenant nous imposons nos conditions de transfert pour les petits avions. En fait, nous avons compris qu'ils sont habitués aux personnes ayant des difficultés, mais qui se lèvent pour monter les marches de la passerelle. Alors ils sont surpris et intrigués quand ils réalisent que Christophe est paraplégique.
Mais alors le bateau... c'est le pompon !

Sur le quai à Port Blair. Elle est bien étroite cette passerelle...
La passerelle de 40 cm de large oblige de trouver une solution. Christophe a été pris à bras le corps par un petit homme tout menu, comme un sac à patates, et déposé deux ponts plus bas sur une couchette. Mais pour le remonter, cette personne dynamique n'était plus la... Il fut remplacé par un gars imbibé d'alcool, dont les pieds manquaient d'assurance... Bonne frayeur ! Le fauteuil lui, s'est balladé de main en main par dessus bord, accompagné de grands cris dans les moments délicats, ou il a bien failli finir au fond de la Mer des Andamans !
Et pour ce qui est des trajets en taxi, nous refusons tout net le fauteuil sur le toit attaché avec une ficelle en rafia !
L'imprévu
21 janvier 2008
Tout à coup Christophe a souhaité faire un beau cadeau d'anniversaire à Justine et à Marie. Idée inattendue et bienvenue. Leur faire la surprise de rentrer plus tôt. MAIS la vie en a decidé autrement !
Nous avons été à l'aéroport de Chennai. Pas une seule place pour Lyon, dans aucune compagnie, avant début février. Donc nous gardons nos billets de retour pour le 16 février comme prévu.
Ce voyage est une bénédiction pour nous. Il nous sort de notre routine confortable et nous bouscule tant et si bien que l'on finit par "presque" tout accepter avec le sourire. Cet environnement si différent nous remet en question plus en profondeur.
Bon, finalement nous retournons à Puttaparthi. Tout y est accessible en fauteuil, le climat y est un peu plus agréable, la nourriture, que nous aidons à préparer, présente des crudités à volonté avec des graines germées (on peut donc y manger 100% vivant !). Il y a d'excellentes lectures à la librairie de l'ashram, les livres de Sai Baba sont disponibles en francais, et l'ambiance sereine est propice à la méditation.
Kolam
22 janvier 2008
Le matin à l'aube, le seuil de la porte d'entrée des temples, des maisons et même des dortoirs est lavé à grande eau. Une femme se penche et dessine un kolam pour souhaiter la bienvenue et inviter les bons esprits. C'est une sorte de mandala (motif géométrique), dessiné en faisant couler de la farine de riz blanche entre ses doigts et parfois remplis de farine colorée. Chaque jours ils sont différents.
Émerveillés par tant de dextérité, on nous a explique que les jeunes filles s'exercent sur papier dès le plus jeune âge. Activité d'autant plus importante, qu'ici les enfants ne sont pas envahis par les jouets. Pour Pongal, dans chaque village, il y a un concours de kolam en couleur. Les plus beaux se trouvaient dans de petites ruelles de quartiers très sommaires. Les enfants étaient ravis d'être pris en photo autour des chefs-d'oeuvres de la famille.
C'était magnifique.
    
De nouveau chez Sai Baba
22 janvier 2008
Pendant la première partie du voyage de retour à Puttaparthi, le chauffeur, très cool, récitait a mi-voix son mantra. Ensuite il nous a fait écouter un disque de bhajans de Sai Baba. Le charme de l'Inde...

Les rochers arrondis typiques du plateau du Deccan

Chèvres et gaurs sur la route de Puttaparth |